La Zone d’intérêt – très actuel !

Synopsis

Le commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, et sa femme Hedwig s’efforcent de construire une vie de rêve pour leur famille dans une maison avec jardin à côté du camp.

Ce film traite d’un camp d’extermination sans jamais s’y dérouler. Le réalisateur nous enferme dans la maison bourgeoise d’une famille qui vit dans la plus grande intimité cette atrocité sans jamais se sentir mal. La zone d’intérêt est cet espace créé par une femme d’intérieur qui a conçu tout son spacieux jardin, attenant au camp de concentration et qu’à aucun moment elle n’a envie de quitter.
Son homme n’est autre que Rudolf Höss qui a conçu ce camp d’extermination. Tout ce que cette famille possède vient de ce camp de la mort. Les bijoux, le manteau de fourrure, la lingerie…
Sa femme n’éprouve aucun haut le cœur, elle se dit même être la reine du Camp.

La première lecture est claire, cette petite famille vit sa petite vit pittoresque. Les enfants se baignent et l’horreur du camp les rattrapent quand les fours crématoires se mettent à fonctionner sans cesse et que les cendres et os sont déversés dans la rivière. C’est le seul moment où leur père semble être dérangé. Le seul moment où il y a dommage collatéral. Il sera promu car il s’avère être plus efficace que ses chefs.

La réussite de ce film est dans ce « Je ne vois rien ». Tout est sonore ! L’horreur nous est racontée dans la bande sonore. Le réalisateur n’hésite pas dés le début du film à nous laisser plonger dans le noir et à nous faire entendre ce qui se déroule. La bande sonore va être de plus en plus présente, c’est un personnage en soi. Les personnages qui vivent dans cette maison sont au fur et à mesure pris dans cette spirale infernale des fours qui tournent à vive allure.

Les moments de prise de conscience sont rares. Il y en a tout de même deux. Celui où la grand mère quitte la maison sans prévenir écoeurée par la vue des fours crématoires et leur proximité. Sa fille Hedwig est à peine gênée par son départ. L’autre moment est celui qui va nous raccrocher à la réalité d’aujourd’hui quand Rudolf Höss pris de nausée dans un imposant escalier regarde le bout du couloir qui n’est autre que le couloir du musée de l’Haulocauste aujourd’hui. On se demande quel est ce retour à l’humain chez cet homme qui est considéré par ces propres chefs comme étant l’un des plus efficace de la barbarie. Le réalisateur choisit de montrer son haut le coeur et d’insérer cette mise en abyme.

L’autre réussite de ce film est dans la prise de conscience permise au spectateur sur tout les atrocités du Monde que l’on peut décider de ne pas voir, même si on les entend. Car finalement on nous épargne l’étalage de morts et de souffrance visuelle. Tout nous est caché pour que notre vie continue le plus normalement du monde. C’est cette distance qui nous est proposée dans ce film de très grande qualité et qui aurait mérité la palme d’or.

R.B.E

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