Réalisé par Rafiki FARIALA 2026 Pays : République Centrafricaine, France, République Démocratique du Congo, Italie Durée : 95 minutes
Synopsis
Bangui. Robert a 17 ans et rêve de faire carrière dans la musique. Mais il n’est pas un Centrafricain comme les autres. Il est un réfugié congolais. Lorsque ses parents sont arrêtés, il doit s’occuper seul de ses quatre jeunes frère et sœurs. Il jongle alors entre petits boulots et révisions du bac, tout en évitant les milices qui font régner la terreur dans la ville. Un jour, il apprend qu’un concours musical est organisé. Gagner devient son seul espoir.
Au festival de Cannes – le film remporte un prix
Le film Congo Boy était en sélection un certain regard au festival de Cannes et a remporté le prix du meilleur acteur masculin. Nous avons pu assister à la projection invités par la distribution dans la petite salle du marché du film.
Une histoire vraie : une garantie anti clichés ?
C’est une histoire prise dans les méandres de la guerre, des milices, du danger et de la survie pour un réfugié dont les parents sont en prison, on ne comprend pas d’ailleurs vraiment pourquoi ils le sont ni comment leur cinq enfants se retrouvent ballotés par les évènements au milieu de ce chaos. Et pourtant dans tout ça Robert, leur fils ainé passe son bac, travaille pour un haut gradé dans sa villa où ses autres frères et soeurs élisent domicile. Et en plus de tout ça Robert pratique sa passion le chant quand il en a le loisir.
Le réalisateur qui a également écrit le scénario raconte donc sa vraie histoire et nous sommes en tant que spectateurs obligés de suivre les yeux fermés ce qu’il partage avec nous tout en se disant ce n’est pas un documentaire, et non ! Congo Boy est donc bien une fiction développée grâce aux ateliers Varan en centre Afrique, qui normalement devrait garantir l’aspect réel puisque les ateliers Varan sont connus et reconnus pour leur engagement vis à vis du documentaire. Mais alors d’où viennent ces impressions de regard absolument pas de l’intérieur. D’où vient cette gêne du « regardez nous comme nous sommes nous les africains ! »… Nous sommes pendant de 90 minutes invités dans la vie d’un pauvre africain qui souffre mais qui s’en sort, invités à voir comment va l’Afrique avec sa douleur qui s’enlise dans la guerre et pourtant l’espoir est toujours présent.
Pourquoi le white gaze malgré tout !
Si nous suivons le personnage avec beaucoup d’empathie et que nous avons envie qu’il arrive à s’en sortir tant sa vie devient de plus en plus problématique. L’histoire ne nous arrive pas sans ce white gaze qui dégouline tout le long du film. Le personnage principal navigue entre les arrestations des uns et des autres, des assassinats et le héros en échappe toujours de justesse. Le regard blanc dénote une certaine manière de poser son attention sur les évènements et leur déroulement. Bien sûr nous avons tous entendu ou vu, via les médias, les conditions de vie au Congo. Ici par ricochet l’histoire se passe dans le pays voisin en Centre Afrique et notamment dans sa capitale Bangui. Le malaise vient de la façon dont les personnages sont perçus, la violence qui règne partout, la pauvreté des gens et leur interaction. Il y a parfois des éléments sous-entendus comme le racisme vis à vis des réfugiés et l’éphémère de chaque situation pour les enfants.
Un montage chaotique
Il est difficile de suivre la narration de l’histoire parce que le montage est très chaotique, cela se rapproche du chaos de la vie des personnages, et tout est déconstruit pendant une bonne partie du film. Pendant une bonne partie du film nous n’arrivons pas à suivre les évènements, ni ce qui se vit. Les personnages pourtant avancent dans leur action et leur motivation, changeant au grès du décors et des interaction les uns avec les autres. Le manque de fil conducteur nous perd et on ne peut qu’abandonner toute envie d’accroche ou d’anticipation dans les actions. Le choix systématique d’un évènement qui arrête le cours de l’histoire pour créer l’occasion de la vie du personnage principal est trop attendue et pas crédible pour un film dit biographique.
Un film léger malgré le contexte de guerre.
R.B.E

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