TOUCH – la mémoire d’Hiroshima

Réalisation Baltasar Kormákur, Scénario : Baltasar Kormákur, Olaf Olafsson d’après son roman

Synopsis

Au crépuscule de sa vie, Kristofer, un islandais de 73 ans, se met en tête de retrouver la trace de Miko, son amour de jeunesse. Il s’envole alors pour Londres, à la recherche de ce petit restaurant japonais où ils se sont rencontrés cinquante ans plus tôt. Kristofer l’ignore, mais sa quête, à mesure que les souvenirs refont surface, va le mener jusqu’au bout du monde.

Passé et présent

Le rythme du film est très marqué par des allers-retours entre le passé et le présent de Kristofer à la recherche de celle qui a disparu sans dire un mot. Alors qu’il perd petit à petit la mémoire, il souhaite retrouver enfin celle qu’il n’a jamais pu oublier. Cet enchevètrement de séquences, où la vieillesse nous oblige à suivre Kristofer dans un rythme plutôt lent, et sa mémoire qui elle nous entraine dans une accélération d’évènements de ce qui est vécu durant sa jeunesse. Les idées politiques de Kristofer, jeune, le poussent à mettre en pratique ses opinions et à abandonner ses études pour se consacrer à une vie de travailleur. Ce sont ses amis qui lui lancent ce défi et Khristofer va aller jusqu’au bout de ce pari. Ce n’est pas vraiment uniquement la raison, car dans son élan il a un coup de foudre pour une jeune japonaise alors qu’il décide de travailler dans le restaurant japonais du père de celle-ci. Khristofer, l’islandais, vit alors à Londres et étudie dans une prestigieuse école. Pourtant sa décision de tout quitter va le plonger dans l’histoire d’Hiroshima.

Un parallèle : la contamination

C’est le début de la Covid et le monde entier se prépare à être confiné. Pourtant Kristofer fait face et ignore la Covid pour se consacrer à résoudre une énigme. Où est passée son ancienne amoureuse de quand il avait la vingtaine ? Ce parallèle entre Hiroshima et la Covid est assez important dans le film. L’ampleur de la contamination par radiation et celle de la Covid est mise en parallèle. Nous apprenons petit à petit les raisons de la fuite de Miko et de son père. Nous voyons Kristofer diner seul dans des restaurants déserts,voyager seul dans des avions tout aussi déserts. Alors que dans son passé le jeune homme rencontre l’amour sans comprendre ce que traverse son amoureuse, rescapée d’Hiroshima. Miko est obligée de lui raconter son histoire, celle de sa mère, sans lui dire l’essentiel. Bien sûr Kristofer connait, comme nous tous, ce qu’on a bien voulu nous dire de ce bombardement. Une arme nucléaire, la seule jusqu’à présent, larguée sur un peuple pour les punir de leur soutien aux nazis. Le peuple d’Hiroshima va porter en lui, du moins les rescapés, la blessure de tout le Japon. Une île qui fut bombardée, en punition pour un engagement de son gouvernement et qui va inventer les mots pour signifier chaque douleur et chaque situation vécue. Miko montre ce qu’elle sait à Kristofer, ils s’aiment et pourtant Hiroshima va les séparer.

La cuisine japonaise et sa culture ancestrale

Kristofer, jeune, apprend le japonais, la cuisine ancestrale dans ce petit restaurant. Il apprend la poésie et va devenir restaurateur plus tard. C’est donc ce coup de foudre, ce pari fou qui vont le propulser vers son avenir qui est tout sauf ce qu’il croyait qu’il serait. La cuisine tient une place importante au Japon, elle s’accompagne de tout un cérémonial. Les scènes de cuisine, d’écriture de poésie à trois vers et l’amitié entre un islandais et un restaurateur japonais en disent long sur la curiosité de ce jeune homme, à la culture islandaise tout aussi insulaire. Le parallèle culturel entre le Japon et l’Islande est très présent également dans ce film. Si Kristofer n’étale pas sa culture, son comportement très respectueux et sa curiosité tranchent avec celle de ses amis un peu lourd-dingue. La personnalité de ce jeune homme, pourtant, ne fera pas avouer au restaurateur ses convictions vis à vis de sa fille, ni dire les traitements qu’il lui inflige.

Hiroshima, aujourd’hui

On en a fini avec le passé quand Kristofer arrive à Hiroshima à la recherche de son amour 50 ans plus tard. La Covid est installée dans le quotidien des gens et il découvre dans cette ambiance la réalité sur son passé. Le secret est révélé et c’est loin de tout ce qu’imaginait Kristofer. L’amour n’a pas d’âge et sa mémoire retrouvée il peut enfin vivre ses sentiments au grand jour. Le film sort au moment où l’on commémore les 80 ans des largages de la bombe sur Hiroshima et Nagazaki. Touch, nos étreintes passées est un bon moyen pour prendre conscience de la vie des personnes après cette bombe. Cette histoire d’amour empêchée nous rappelle la célèbre histoire Hiroshima, mon amour écrite par Marguerite Duras et adaptée au cinéma par Alain Renais sorti en 59. L’amour pour parler de douleur et de mort dans le cinéma est un procédés qui permet de transmettre de l’empathie.

Un film à voir durant ce mois d’août !

R.B.E

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