SIRAT – énorme road movie

Sirat de Oliver Laxe avec Sergi Lopez dans un grand rôle production

Synopsis

Un père et son fils parviennent à une rave perdue au cœur des montagnes du sud du Maroc. Ils cherchent Mar, fille de la famille, disparue depuis plusieurs mois lors de l’une de ces fêtes. Plongés dans la musique électronique et une liberté brute, ils distribuent inlassablement sa photo.

Film musical

C’est bien l’un des premiers film fiction qui traite de la musique électro et de raveurs avec puissance ! Le début du film nous fait pénétrer dans la dimension musicale avec d’énormes installations de baffles, puis alors que Luis et son fils arpentent la rave partie, nous découvrons l’univers des raveurs qui dansent pendant des jours et des nuits avant de se faire déloger par la police marocaine. Tous ont le même look et vivent leur passion de la musique de transe électro, en marge de la société. Les raveurs vibrent en se retirant dans le désert marocain loin de leur monde occidental. L’histoire commence ainsi et l’on découvre petit à petit que la troisième guerre mondiale éclate et c’est alors que nous comprenons que ces raveurs eux fuient l’ordre et la guerre dans leur gros camion.

Road Movie

Luis et son fils suivent deux camions de raveurs à travers le désert marocain pour rejoindre le sud vers la frontière Mauritanienne où une rave partie doit se tenir. Luis est persuadée que sa fille y sera. Cette route est comme une sorte d’initiation pour lui et son fils. Petit à petit ils arrivent à sympathiser avec les raveurs et l’on observe que finalement même s’ils ont choisi la marginalité, qu’ils consomment du LSD, ils sont tout à fait convenables et ont une parole. Ils deviennent des compagnons de route pour Luis et son fils qui eux n’ont qu’une voiture utilitaire pour faire le désert. Il y a des moments très sympas et très drôles et petit à petit le fils de Luiz du haut de ses 10 ans les trouve “cool”. Le film suit son cours sur de très belles images toujours sur fond de musique techno et de prière musulmane quand l’une des personnages observe un musulman en train de prier. La route se poursuit sur une prière dont le titre Sirat est tirée.

Sergi Lopez n’en est pas à son premier film road movie. Déjà dans le film Western de Manuel Poirier sorti en 1997, il interprétait le rôle d’un homme qui parcourait la France en auto-stop avec un compagnon de route. En 2025 il est encore sur la route avec des années de plus, de la discrétion et un personnage qui lui colle à la peau.

La marginalité rattrapée par la réalité

Le film va prendre une tournure tragique, car oui il y aura un mort, puis deux, puis trois, puis quatre… et finalement la morale de cette belle échappée à travers de magnifiques images du désert, est que l’on ne peut pas s’échapper d’un monde en déroute, on ne peut pas se réfugier dans l’illusion quelle qu’elle soit. Les personnages ont beau être en sécurité dans leur magnifique camion, ils ont beau être détachés de la société et s’en méfier, ils ne se méfieront jamais assez de ce que la guerre leur réserve.

R.B.E

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